Une expatriée culinaire américaine à Marseille



« La découverte d’un nouveau plat procure plus de joie à l’humanité que la découverte d’une nouvelle étoile. » (Jean Anthelme Brillat-Savarin) reprend Alexis Steinman dans la présentation de son blog culinaire Yum du jour. Transmettre des recettes, découvrir et partager dans ses articles les meilleurs endroits pour éveiller ses papilles à Marseille fait partie intégrante de la vie d’Alexis. Rencontre donc avec une écrivaine culinaire américaine expatriée à Marseille, qui contribue sans aucun doute au bonheur humain.


Chemin d’une expatriée culinaire jusqu’à Marseille


Après avoir vécu dans différents pays, Alexis pose sa sympathie, son sourire et ses valises dans la cité phocéenne. Originaire du Connecticut aux États-Unis, elle a étudié le français, l’urbanisme et la communication puis s’est engagée sur d’autres voies. Enfin pas tout à fait ! Après avoir exercé le métier de costumière à Hollywood puis celui de vendangeuse, elle est depuis 3 ans journaliste culinaire en France ! Elle arpente donc Marseille, à la recherche des meilleurs endroits pour éveiller les papilles des anglophones de passage dans la ville. Ses trouvailles sont publiées sur le site Culinarybackstreets au travers de portraits, d’articles ou encore de balades culinaires qu’elle organise dans la cité phocéenne.

Le début de l’aventure phocéenne

L’aventure marseillaise commence pour Alexis par un ressenti, un hasard. Une amie lui conseille d’aller visiter la Maison Empereur (plus ancienne quincaillerie de France) située dans le quartier Noailles à Marseille alors qu’elle est vendangeuse dans le sud de la France. Son émerveillement est alors total. Lorsqu’elle décrit ce lieu (avec ses nombreux ustensiles de cuisine…) et qu’elle entre en contact avec la ville, ses yeux brillent et son grand sourire illumine notre échange. Nous ressentons alors son attrait pour Marseille. Non seulement la métropole, la Maison Empereur, mais aussi la culture culinaire l’amènent à s’installer ici, au pays de la bouillabaisse.


Une expatriation culinaire dans l’une des plus anciennes villes de France

L’aventure culinaire commence pour Alexis plus tôt que l’aventure marseillaise. C’est à Los Angeles qu’elle réalise à quel point, dans cette ville multiculturelle, la nourriture constitue une aventure. Elle s’inspire alors du meilleur critique gastronomique du monde, Jonathan Gold, qui s’y est rendu pour se restaurer et donner son avis sur tous les établissements d’une longue avenue. Ainsi, après avoir pris le tournant de blogueuse culinaire aux États-Unis, c’est aujourd’hui à Marseille qu’Alexis part à la recherche des bonnes adresses, de saveurs méditerranéennes et de professionnels locaux agitateurs de papilles. C’est donc dans la cité phocéenne qu’elle poursuit son aventure culinaire.


Restaurants coups de coeur d’Alexis à Marseille

Quand il s’agit de nous faire partager ses adresses marseillaises coups de coeur, ses choix se tournent vers des restaurants qui ont une histoire, une identité et une carte authentique. La Boîte à Sardine est l’un d’eux ! Au menu, en plein coeur des réformés, du poisson frais de la pêche du jour. Pour preuve, le gérant, ancien poissonnier, se retrouve parfois avec moins de choix. Pour cause, il se retrouve certains jours à la merci du mistral nous raconte Alexis. Un mistral qui parfois ne se montre donc pas si gagnant… Ces produits de la mer sont servis dans une atmosphère de chaleureuse criée aux airs de restaurant américain selon Alexis. Elle constate que ces endroits où l’on mange du poisson non transformé en bouillabaisse sont étrangement rares pour une ville embrassant la mer. Alexis nous conseille aussi un restaurant bien différent mais tout aussi unique, Chez Etienne dans le quartier du panier. Cette pizzeria est gérée par le fils d’un expatrié Italien. La spécialité : pizza aux anchois cuite au feu de bois, les murs recouverts de portraits de personnalités qui s’y sont rendues et les rencontres possibles, aussi bien avec le Maire, qu’un joueur de football ou qu’un touriste de passage, cela plaît à Alexis. Dans ces deux enseignes comme dans bien d’autres à Marseille, il y a cette appropriation culturelle qu’elle apprécie. Ce lien entre une personne, porteuse d’une histoire, d’une identité, d’une origine et son savoir-faire culinaire.


Faire ses courses dans un marché bio du cours Julien

Appropriation culinaire ou non, Alexis se plaît à acheter ses produits tous les mercredis matin au Marché fermier bio du cours Julien. Elle prépare ensuite des plats aussi bien marseillais qu’américains. Pour elle, la cuisine est un moyen de se rapprocher des autres, que ce soit en partageant des plats avec ses voisins d’appartement ou des pensées quand elle cuisine des plats américains pour sa sœur de l'autre côté de l’Atlantique.

Marseille est la seule ville en France où Alexis veut habiter actuellement, rester ou non, cela est encore flou, aussi flou que le sentiment qui l’a poussé vers cette ville. Une chose est sûre : rares sont les expatriés qui s’intéressent tant à la culture culinaire marseillaise, à ses habitants, ses commerçants…


Si j’étais un aliment, je serais …

Si Alexis était un aliment, elle se décrirait comme une frite, réconfortante et chaleureuse. Même si sur ce dernier point elle vient à se contredire en expliquant qu’elle a tout le temps froid. Il émane d’Alexis une grande chaleur que vous aurez, je l’espère, la chance de rencontrer au détour d’un restaurant, d’une visite culinaire ou de la Maison Empereur.