Les glaces La Mignonne : des gourmandises originales et dépaysantes


C’est l’été, il fait chaud, que diriez-vous d’une bonne petite glace pour vous rafraîchir ? Et voici justement La Mignonne qui passe avec son triporteur ! Le sourire aux lèvres et les yeux pétillants, Julia pédale depuis un an dans la cité phocéenne pour vendre ses glaces artisanales…aux parfums parfois surprenants ! Si vous trouverez bien sûr de la framboise ou de la vanille, sachez que pourrez également goûter de la glace au concombre ou encore au sésame noir. Alors peut-être que dit comme ça, vous n’êtes pas trop tentés, mais nous avons eu le plaisir de discuter avec Julie et de goûter ses glaces et elles sont excellentes. Comme le dit notre cycliste gourmande, tout est question d’association.





Comment en êtes-vous arrivée à monter cette entreprise ?

Et bien, d'un côté c'est parti de loin : après mes études je suis partie en Australie et j’y vendais des glaces sur la plage. L’échange de la glace, la spontanéité et le fait d’apporter un petit peu de joie par un plaisir simple, ça avait quelque chose de gratifiant et ça m'a vraiment plu. Ensuite j’ai travaillé comme commerciale dans l’import-export pendant une dizaine d’années. J’organisais le transport de marchandises, un peu comme une agence de voyages mais pour des marchandises. C’est ce qui a nourri mon projet dans le sens où il y avait la dimension du transport, du voyage et de la vente. Au final, je suis revenue à la base, le souvenir de la vente ambulante en Australie. C’était un moment où j’avais envie de changer, et je me suis demandée ce qui me ferait plaisir. J’ai fait le lien entre la glace, le soleil et Marseille… et ça a donné mon triporteur.


Comment avez-vous eu l’idée de ce concept original de faire des parfums hors du commun ?

Alors c’est marrant parce que pendant longtemps je n’étais pas intéressée par la nourriture. Quand j’étais petite, je me serais même passée de manger si je le pouvais ! Et au fur et à mesure la tendance s’est inversée. En faisant mes voyages j’ai découvert des saveurs, des façons de faire, des cultures, mais aussi dans mes différentes relations, je suis souvent sortie avec des personnes qui cuisinaient et m’ont appris. Toutes ces petites choses m’ont permis de développer mon goût pour les bons produits. Et c’est avec cette curiosité que je me suis dit, si c’est pour faire une vente ambulante de glaces chocolat, vanille, fraise, ça ne vaut pas le coup. J’avais envie de proposer quelque chose de nouveau et de complémentaire, car il y a déjà de très bons glaciers, donc je ne vois pas l’intérêt de faire exactement la même chose. J’ai rencontré mon artisan, qui est très créatif et qui m’a dit que tout était possible. Donc quitte à tout essayer, pourquoi pas aller aussi sur des glaces salées ? Dans beaucoup de pays, la culture du sucré-salé est déjà bien développée, alors pourquoi ne pas tenter ça ici aussi ?


Comment élaborez-vous les parfums ?

C’est toujours une histoire de rencontre. Par exemple, j’ai récemment rencontré une Brésilienne lors d’une remise de prix, avec qui j’ai sympathisé et qui me fournit maintenant les ingrédients pour de nouveaux parfums : açai, tamarin et graviola. Ensuite, on peut me proposer des recettes, des collaborations… en ce moment je travaille avec un resto qui m’a proposé d’essayer une glace vanille-bacon. De moi-même je n’y aurais pas forcément pensé, mais pourquoi pas, en cuisine il faut tout essayer ! Cela dit, c'est toujours une question d’association : la glace au tamarin ne se mange pas seule, il faut l'accompagner d’autres parfums. Je reconnais aussi que certains parfums ont plus de succès que d’autres : ma vente phare, c’est le sésame noir, ça va avec absolument tout !


A quoi ressemble vos journées ?

Le mardi et le vendredi matin, mon artisan me livre les glaces. Je prépare six parfums pour la journée, ils changent tous les jours, bien sûr je fais attention à ce qu'ils puissent s'accorder les uns avec les autres. Ensuite je pars pédaler l’après-midi vers 14h pour éviter les heures les plus chaudes. Je peux continuer jusque plus tard dans la soirée, tant que les gens achètent des glaces. J’ai aussi le côté administratif que je gère plutôt le matin, je dois répondre à toutes les demandes de devis pour les prestations, qui ont lieu en général les week-ends. En semaine je suis surtout en ambulant et je vais un peu où le cœur me dit, je peux aussi bien rester au même endroit que bouger plusieurs fois dans la journée. On peut parfois me retrouver sur la plage ou à côté des restaurants de mes amis. Après, ça dépend pas mal de la météo bien sûr, s’il y a beaucoup de vent je ne me vois pas aller sur la Corniche !


Vous travaillez toute l’année ?

Et bien, c’était pas prévu, mais oui je pédale presque toute l’année. C’est vrai que sur Marseille on a des températures assez clémentes toute l’année aussi, et après tout les glaces on n'en mange pas exclusivement en été ! L’hiver dernier, je me suis arrêtée en novembre et j’ai repris en février. Mon but est de faire mes « grandes vacances » en décembre et janvier pour poursuivre ma passion des voyages. Ça me permet de me ressourcer et de faire le plein d’idées pour repartir de plus belle. Mais en 2020 ça n’a pas été possible (forcément), mais je ne voulais pas rester sans rien faire, donc je me suis dit que j’allais montrer aux gens que le cornet de glace n’est pas réservé qu'à l’été. Là encore, la carte sucrée-salée a fait ses preuves : les glaces au foie gras et aux cèpes ont très bien marché !


Vous êtes satisfaite du développement de La Mignonne ?