Et si on vous initiait à l'œnologie ?


J’aime le vin, tu aimes le vin, tout le monde aime le vin… Rouge, blanc, rosé, peu importe tant qu’il est bu en bonne compagnie ! Le problème, c’est que (souvent) on se retrouve dans les rayons, face à une centaine de bouteilles sans savoir laquelle sera la nôtre. On regarde, on lit l’étiquette, mais en vrai… on n’y comprend rien. Ne t’inquiète pas, nous aussi on était pareil avant, mais ça c’était avant. Depuis, on a pu parler avec Charlotte, une professionnelle de la dégustation de vin mais pas que. Elle opère sa magie également dans les domaines du bien manger (et bien boire) de manière générale. Pour que tu comprennes mieux à qui tu as à faire, une présentation s’impose.



Qui est Charlotte ?


Après des études en communication au Magistère DJC, elle a effectué un long stage au domaine Château Lacoste en événementiel. Elle organisait des journées sur le domaine où la découverte du lieu et la dégustation étaient les mots d’ordre. (C’est là que l’histoire devient intéressante tu t’en doutes). Après ce stage, intriguée par la dégustation elle décide d’intégrer l’Université du Vin à Suze-la-Rousse (là normalement tu réagis comme moi : “une université du vin? Ca existe ? Vraiment ? Pourquoi je ne le savais pas ? Pourquoi j’y suis pas allé.e. avant ? C’est trop cool”). Elle est donc diplômée en dégustation et analyse sensorielle après avoir suivi l’agréable formation à la dégustation de toutes sortes de produits : pain, confiture, fromage, vin et s’être enrichie techniquement, notamment sur le vocabulaire adapté, la construction de panels d’analyse sensorielle… En 2018, caviste à la cave du cours Mirabeau et mademoiselle Wine à mi-temps, elle a lancé son activité en parallèle : “SENS contraires” où l’objectif est de montrer ses compétences en communication dans l'expérience du goût (épicerie fine, vin, fromager…) autour du terroir et des bonnes choses à manger. Son but ? Mettre en lumière le bien-manger (comme le Cafi Social Club) et faire sortir l’émotion ainsi que l’aspect sensoriel.


Comment trouver quel est mon vin préféré ?


Trêve de bavardages, entrons dans le vif du sujet. Qu’est-ce qu’un bon vin ? “Un bon vin c’est un vin que l’on a envie de déguster au moment où on le déguste avec les personnes avec qui on a envie de le partager. Il n’y a pas de bon vin, j’ai envie de boire et goûter pleins de choses différentes, cela dépend du plat, du moment. La dimension autour du vin est importante” nous dit Charlotte. C’est bien beau tout ça me diras-tu, mais encore ?

Nous y voilà. Nous vous donnons en exclusivité les indices pour reconnaître la qualité d’un vin.

Simplement, sachez que pour savoir reconnaître un vin qui nous plait, à nous, personnellement, il faut passer par l’étape de la découverte. Et pour cela, il faudra travailler dur en goûtant, recommencer et continuer jusqu’à trouver notre pépite d’or. Mais, on ne vous laissera pas vous saouler avec une si bonne excuse. Pour vous aider, voici trois étapes de dégustation : les yeux, le nez et la bouche.


1- Les yeux : la couleur donne des indications sur le cépage, l’intensité et l’âge du vin.


2- Le nez : pour percevoir les arômes du vin. Cela se fait en deux temps, c’est ce que l’on appelle en dégustation professionnelle le “premier” et le “deuxième nez”. Le premier nez représente les arômes que l’on sent tout de suite après avoir versé le vin dans le verre. Le second nez, c’est lorsque les arômes ont pu s’aérer dans le vin (après avoir remué le vin dans son verre comme un.e. vrai.e. pro)


3- La bouche : on y retrouve les arômes fidèles (ou non) à ce que l’on a trouvé par l'odorat. Si on a une odeur de fruits, que l’on retrouve en goût, on peut dire que le vin est fidèle, parfois l’odeur ne correspond pas au goût et dans ce cas là (comme mon ex copain) : il est infidèle. On retrouve aussi en bouche la texture. On dit d’un vin qu’il est “astringent” lorsqu’il est râpeux, cela dépend des tanins plus ou moins souples ou patinés et qui participent à la structure du vin, l’acidité, l’amertume, le grain du vin (granuleux, souple, matière épaisse, fluide...).


Maintenant que vous savez déguster, rapprochons-nous de ce que vous pouvez faire pour trouver ce qui vous plaît. Sachez qu’il n’existe en réalité aucun bon ou mauvais vin, c’est assez subjectif, comme les goûts et les couleurs. Mais, quelques indices pour reconnaître un vin “bien fait” ne seraient pas trop demandés. Charlotte explique qu’un vin “bien fait” est un vin équilibré. Pour les vins blancs ou rosés, l’important c’est l’équilibre entre le sucre, l’alcool et l’acide. Pour les rouges, ce sera l’équilibre entre l’acide, l’alcool, le sucre et les tanins. Les tanins, pour vulgariser, c’est ce que l’on peut ressentir en termes de texture et de sensation en bouche (ce qui accroche parfois à la langue). C’est un composé dans le raisin (la peau et les pépins) qui va traduire le type de raisin et notamment le cépage : grenache, syrah, chardonnay… Selon le vin voulu on préconise un cépage ou un autre. Pour illustrer : au plus la peau du raisin est épaisse, au plus il y aura de tanins, de la même façon qu’au plus les pépins sont verts, au plus il y aura de tanins.


Nos conseils pour trouver une “bonne” bouteille de vin


En France, nous avons une dizaine de grandes régions viticoles comme le Languedoc, la Provence, le Beaujolais, la Corse, la Savoie ou encore la Champagne. Et au sein d’une même région, il y a parfois de grands écarts entre les vins mais si on devait faire des généralités (avec des exceptions bien sûr), les régions du nord donneraient des vins plus frais et plus acides et celles du sud des vins plus charpentés, plus épais, plus astringents. Le climat y est pour beaucoup puisque le soleil et la chaleur vont concentrer les sucres dans les raisins. Au plus de sucre il y a, au plus d’alcool il y aura.