COCO VELTEN : cantine solidaire et événementielle


Quand on parle d’initiative solidaire sur Marseille, il faut parler de Coco Velten ! Qui ? Ou plutôt quoi ? On pourrait dire que c’est beaucoup de choses à la fois, mais commençons par le début. Coco Velten est le nom donné à bâtiment abandonné non loin de la gare Saint-Charles et retransformé en un lieu de vie commune. A l’origine, le but de Coco Velten est d’héberger des personnes sans-abris et de les aider à s’intégrer dans la société. Aujourd’hui, le lieu est devenu bien plus que ça, et c’est ce que nous allons voir.


Un lieu ouvert à tous

L’idée première derrière Coco Velten, c’est la lutte contre l’exclusion sociale : le bâtiment accueille près de 80 personnes en situation d’errance. Le second projet est d’encourager le vivre ensemble, en offrant des espaces de travail à une quarantaine d’associations, d’artistes, d’artisans… et en renforçant le lien social avec ses voisins de quartier au travers d’animations notamment. C’est un lieu de partage ouvert à tous. Ce grand complexe de 4000m2 est aujourd’hui composé de nombreux espaces publics comme une Cantine, un toit-terrasse (qui sert de jardin commun), la Halle (ancien gymnase servant désormais de salle polyvalente) l’Annexe (un espace de relaxation) et des Archives. Ces espaces sont par ailleurs privatisables pour des événements comme des séminaires par exemple. C’est sur ces privatisations que repose en partie le modèle économique du lieu.


A la cantine, on mange local et solidaire

La Cantine est un lieu accueillant et engagé, ouvert à tous. On y trouve une cuisine locale élaborée à partir de produits issus de l’agriculture raisonnée (légumes régionaux, poissons méditerranéens…), le local y est favorisé au maximum. Ils font même encore plus local que ça faisant leur propre production de miel (des ruches installées sur le toit) et de champignons (des champignonnière aux Archives, au sous-sol). La Cantine propose une nouvelle carte tous les jours. Et tout le monde peut y aller ! C’est le principal espace de cohabitation du projet Coco Velten. Résidents, employés, voisins et curieux s’y croisent régulièrement. Ce n’est définitivement pas un établissement comme les autres : ici, pas d’obligation de consommer, et de nombreuses, comme des micro-ondes, des jeux ou des livres, sont mises à disposition pour passer un meilleur moment. Lors de certains repas, les visiteurs peuvent même profiter d’une programmation (concerts, performances artistiques…). Et la grande nouveautés de l’été à la Cantine : le samedi, c’est brunch du monde préparé par le traiteur Yemma Yummy.


Autre particularité de la Cantine, chaque client peut faire un café (ou un repas) “suspendus”. C’est un joli nom, mais qu’est-ce que c’est ? Un client peur régler un café ou un repas à l’avance, ce qui ensuite noté sur l’ardoise afin qu’une personne dans le besoin puisse en bénéficier si elle le souhaite. Côté cuisine, là aussi on est solidaire : chaque jour une cinquantaine de repas est cuisiné pour les maraudes du quartier, et tous les mercredis des associations peuvent se servir de la cuisine et servent ensuite les repas à prix libre.


Un bilan positif pour Coco Velten

Coco Velten, ça a commencé en mars 2019 lorsque la ville de Marseille a décidé de racheter ce bâtiment abandonné du quartier de Belsunce. En attendant de finir le rachat (fin 2021), la préfecture a proposé que des associations puissent se servir du lieu pour lancer des projets solidaires. Le projet Coco Velten est mené par trois organismes : l’association Yes We Camp, le groupe SOS solidarités et la coopérative Plateau Urbain. En deux ans et quelques confinements, Coco Velten a su prouver son utilité et son engagement vers les autres en logeant et aidant 135 personnes dans le besoin. En parlant de confinement, lors du premier et du second, la Cantine a préparé et distribué 32 000 repas. Côté culture, le lieu a organisé 261 événements gratuits et variés. Autant de raisons qui nous font dire qu’il serait bien que le projet puisse se poursuivre car Coco Velten est encore en négociation avec l'Etat, propriétaire, pour prolonger son expérimentation et ses projets. Est-ce que cela sera ? Réponse dans les prochains mois… #CocoVeltenOnContinue


Mathilde Gibillino

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